GRUPO GALÉ AU SPECTRUM DE MONTRÉAL

Un des meilleurs spectacles de Salsa Dura cette année!
par Jean Otanis

C'est en présence d'une foule d'environ 200 fans dont le coeur était conquis à l'avance que Grupo Galé a réalisé sa première performance dans la métropole montréalaise le vendredi 16 juillet dernier. Une soirée qui a commencé quelque peu tardivement puisque le groupe n'est apparu sur la scène que vers 23 h 00. Cependant, les fans n'ont pas été déçus.

Groupo Galé, composé en grande partie de jeunes musiciens de Colombie, notamment de Médellin, a démontré que la tradition de la salsa colombienne (salsa dura) est encore bien vivante et toujours aussi...enivrante et énergique! Sous la direction magistrale de Diégo Galé, percussionniste, compositeur et arrangeur, l'orchestre a soulevé l'assistance avec plusieurs des compositions à succès de son riche répertoire, en faisant montre d'une maîtrise technique et instrumentale surprenante qui n'est pas sans rappeler Orchesta Guayacan, Grupo Niche et Sonora Carruseles, quelques-uns des piliers de la Salsa colombienne.

La maîtrise technique de ce jeune musicien n'est pas le fruit du hasard car Diego vient d'abord d'une famille de musiciens. Il a plongé très jeune, à l'age de 9 ans, dans l'ambiance de la salsa avec son père Jaime Galé et ses autres frères, musiciens également. À peine adolescent, il fit partie du groupe musical paternel, Jaimé Galé y su Profetas et, plus tard d'un autre orchestre de renommée internationale, versé dans la musique antillaise et le reggae du nom de Uganda kenya. Après avoir rejoint le groupe Fruko y sus Tesos vers 1983, il partit à Miami où il entreprit des études de percussion et collabora entre-temps avec plusieurs grands artistes cubains et portoricains dont Hector Lavoe, Frankie Ruiz ainsi qu'avec Sonora Carruseles.

De retour en Colombie vers la fin de 1984, il eut le privilège de jouer avec nul autre orchestre que...Grupo Niche. Il va sans dire que cette collaboration d'environ cinq ans a eu une merveilleuse influence sur la carrière de Diégo. En 1989, il forma son propre orchestre, soit Grupo Galé. Depuis environ 15 ans le groupe a connu un succès remarquable tant en Europe qu'aux USA. Sa discographie, composée en grande partie de Bogaloo (El Swing) et de salsa dura est impressionnante pour un si jeune orchestre et reflète nettement l'influence de Niche et de Sonora Carruseles. Malgré cette affinité, Grupo Galé démontre une remarquable originalité dans les arrangements et dans l'instrumentation. À ce égard, j'ai été très surpris de remarquer la présence d'une guitare acoustique (trés) à six cordes en soutien à la section rythmique des cuivres alors que cet instrument est généralement absent dans les orchestres de salsa colombienne contemporains.

Outre la présence de Diego, on ne peut passer sous silence les trois jeunes chanteurs (Diego Gonzales, Carlos Llamosa et Charly Torres) qui avec leurs voix chaudes, au timbre puissant replongent par moments l'assistance dans le souvenir des nuits tropicales de Medellin. Ils dansent, cadencent et soutiennent le tempo tout au long de l'exécution des morceaux avec une énergie remarquable. Quant à la section des cuivres, comme je l'ai mentioné dans la série de textes sur la petite histoire de la salsa dans notre site, elle offre une alternance rythmique et mélodique tout à fait particulière à la tradition colombienne.

Ce fut un bon spectacle, il est malheureux que le promoteur ait eu trop peu de temps pour mieux le présenter et de mieux informer la communauté salsera de Montréal. Il est à souhaiter que le groupe revienne pour nous distiller un plus large éventail de son intéressante production.

Extrait d'entrevue avec Diego Galé

J'ai rencontré pour Salsafolie Diego Galé dans sa loge durant l'entracte. Il y régnait une joyeuse atmosphère de famille où se mêlaient des petits groupes de fans, de parents et d'amis qui avaient été autorisés à rencontrer l'artiste. C'est avec une belle humilité et une désinvolture assez rare qu'il a répondu à nos questions durant les 5 minutes qui nous ont été allouées. Voici un extrait de cette entrevue enregistrée sur bande magnétique. J'avais prévu faire l'interview en anglais, mais finalement nous avons convenu d'y aller en espagnol.

(Traduction)
Jean Otanis : Au nom de salsafolie, un site internet qui diffuse la culture salsa ( musique, écoles de danse et histoire) à Montréal, je vous souhaite la bienvenue.

Diégo Galé: Merci beaucoup de votre bel accueil, et je suis très heureux d'être ici ce soir avec Groupe Galé ;

J.O : C'est un grand privilège pour les salseros de Montréal de voir Grupo Galé en spectacle et de danser au rythme très cadencé de sa salsa, pouvez-vous nous parler de cette magnifique aventure avec Grupo Galé ?

D.G : Nous avons commencé cette belle aventure, comme vous le dites, en 1990 précisément le 15 juillet. Nous avons enregistré notre premier disque en Colombie cette année-là avec la chanson thème Mi vecina y amor. Ce premier album eut un grand succès et projeta notre groupe sur la scène internationale.

J.O : Lorsqu'on parle de salsa, on fait référence automatiquement à la musique populaire de danse de Cuba, de Puerto-Rico, de Colombie et de Vénézuela. Pour nos nouveaux adeptes, quelle différence peut-on faire entre ces différents styles de salsa aux plans rythmique, instrumental et mélodique ?

D.G : Bien, Cuba est riche en musique, c'est les racines de la salsa, on y retrouve tous les styles. Puerto-Rico est orienté vers la salsa également avec quelques variantes de même qu'à New-York. La Colombie, c'est de la salsa rythmée, la nouvelle salsa composée et jouée pour danser, pas pour ...dormir (éclats de rires).

J.O : J'ai remarqué ce soir que Groupo Galé est un jeune orchestre, comment ces jeunes musiciens arrivent-ils à porter sur leurs épaules la grande tradition de la salsa colombienne et réussir à la transmettre presqu'intacte à leur génération?

D.G : En Colombie nous avons des écoles et des universités qui enseignent la salsa, son histoire et les traditions qui s'y rattachent. Les jeunes musiciens qui en ressortent forment des groupes, cette combinaison théorique et pratique contribue à maintenir la tradition.

J.O : Pouvez-vous nous parler de votre dernier album intitulé Esensia, Qu'est-ce que c'est ?

D.G : Esencia est la réminiscence et la consécration d'une forme rythmique de la salsa que nous travaillons depuis trois ans et qui se veut aussi un style que nous dédions avec plaisir aux fans qui demandent toujours du renouveau à la salsa.

J.O : Merci beaucoup pour cette entrevue.

Quant à moi, je vous dis hasta la proxima ( Na palé enkô yon lott jou ).
Pour tout commentaire, écrivez-moi à : jean@salsafolie.com

Au plaisir !

Hasta la proxima.
Jean Otanis

Jean est sans contredit un fier amoureux de Salsa et de musique latine. Avec une vaste connaissance sur l'histoire et les origines de la Salsa ainsi que les différentes formations musicales, Jean nous offre à travers ses écrits un point de vue tout à fait rafraîchissant! Un auteur à ne pas manquer.

all copyrights www.salsafolie.com tous droits réservés.