UNE JOUNRÉE DANS LA VIE DE ''AFRO CUBAN ALL STARS''
Reportage par Marie Claude Roy


Laissez-moi d'abord vous raconter ma “rencontre informelle” avec plusieurs membres que j'ai rencontrés la veille du spectacle, coin Ste Catherine et Jeanne Mance (pour ne pas être trop précise). J'ai la chance d'avoir un chum qui a côtoyé quelques musiciens du groupe alors qu'ils étaient dans d'autres formations à Cuba. Et comme le monde est petit, ils savent toujours comment se retrouver entre anciens collègues, même dans une ville comme Montréal.

Alors, lundi soir, suite à un “chat” avec un collègue de Montréal, mon chum me dit: Marie prépare-toi on s'en va au Hyatt ce soir ! Bon, je me doute toute de suite et je n'ai même pas imaginé ni une seconde qu'il nous avait loué une chambre à cet hôtel. Je savais qu'on allait rencontrer ses amis et une partie des musiciens du groupe, car ils sont arrivés la veille du spectacle en après-midi. Agréables et grandes retrouvailles dans une de leur chambre d'hôtel, va-et-vient, nouvelles de la famille, rhum, bières et pas de femme sauf moi! Mais rassurez-vous tout s'est déroulé dans le calme et l'harmonie. Comme je préparais déjà l'article et que mon chum n'a pas hésité deux secondes à m'emmener avec lui, j'étais bien contente d'y aller et je me suis bien amusée. Une chance que je parle couramment espagnol...cubain!

Voici à quoi ressemblait quelques bouts de nos conversations pendant la soirée: - Oyé! Juan Carlos, ma blonde fait jouer la pièce que t'as enregistrée avec notre groupe à Cuba, ici à la radio! Ou encore, - Marie, tu sais le CD que tu aimes bien de Tirso Duarte, ben c'est lui! - Ah! Et lui c'est l'ancien percussionniste de Irakere, Adel ! Bref, de belles rencontres toutes captivantes et intéressantes.

Puis, certains me demandaient comment se rendre en métro au Walmart le plus proche? Combien ça coûte une carte de téléphone pour appeler à Cuba? Où on pouvait acheter un clavier usagé? Bref, on a sortie le plan de la ville et je leur ai fait des trajets. Pas question pour ces gars de flâner dans les bars, ils ont trop de choses plus importantes à faire! S'il leur reste du temps, ils sortent en soirée.

Ce genre de rencontre me permet d'apprendre plein de choses sur la réalité des citoyens de ce pays. Les musiciens de ces formations font partie des cubains qui vivent le mieux à Cuba, même s'ils sont loin d'être millionnaires; à condition qu'ils voyagent plus de 2 fois par année et qu'ils aient un bon représentant de groupe (souvent faisant partie du gouvernement) qui les payent comme il se doit. Certains peuvent se permettrent une voiture, d'autres peuvent ramener des lecteurs DVD, des téléviseurs ou des cartes vidéo de leur voyages. Ils sont très privilégiés de pouvoir passer les douanes cubaines avec ce genre d'article. Mais, comme ils font partie de ceux qui font rouler une partie de l'économie à Cuba, on ferme les yeux. Bien des choses sont aussi utilisées clandestinement comme l'Internet, les cellulaires, et les télés satellites, etc.

Quand ces artistes voyagent soit en Europe, soit en Amérique, leur première priorité est de revoir leurs amis et leur seconde est de courir les aubaines, afin de trouver de la marchandise intéressante à rapporter pour eux et à leurs proches. Ces privilèges, quand une formation cesse de voyager, ne sont plus possibles. Chaque spectacle leur donne un salaire payé en dollars US (un minimum d'environ 50$ par spectacle + per diem) et comme le peso est à 27 pour 1 $ US, ça fait pas mal de peso pour vivre à La Havane! Puis, quand les spectacles à l'étranger cessent du jour au lendemain, ils se cherchent un autre groupe ou ils décident de rester à l'étranger (pendant un dernier voyage, parfois, sans aviser leur famille) et s'installent comme ils le peuvent. Heureusement, les musiciens de Juan de Marcos sont ceux qui voyagent le plus et ils sont très en demande dans le monde entier.

Dans les dernières décennies, certains ont immigrés en Espagne, en Italie, aux États-Unis, au Canada, et ils agissent comme des ambassadeurs de leur musique et de leur culture qui se fait très présente parmi nous. On a qu'à penser à Arturo Sandoval, Paquito D' Rivera, Hilario Duran, Gloria Estefan, Celia Cruz et j'en passe. Ils se sont tous mêlés à nos cultures et continuent de nous inspirer…..

Marie Claude Roy

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Vous pouvez écouter Marie Claude Roy lors de son émission de radio Ay! Que Calor, tous les dimanches sur les ondes de CIBL 101,5 FM de 14h00 à 16h00 et en direct sur le web au www.cibl.cam.org


Marie Claude Roy est une vétérante dans la communauté Salséro. Avec plus d'une décennie d'implication dans ce milieu, cette journaliste trilingue anime chaque semaine : Ay Qué Calor les dimanches de 14h00 @ 16h00 sur les ondes de CIBL 101, 5 FM.

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