EDDIE PALMIERI

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EDDIE PALMIERI, EL RUMBERO DEL PIANO


Avec Eddie Palmieri, le piano devient percussion. Ses concerts sont un combat entre l'instrument et lui, il libère alors une salsa puissante liée au jazz, où se déploie son imagination créatrice dans un duel énergique avec le piano. Sa musique et ses concerts sont à son image, brutaux et virtuoses, toujours à la limite de l'explosion.

Eddie Palmieri fût surnommé "Rompe Teclas" celui qui casse les touches, tout son orchestre percute, avec des musiciens libres de développer leurs idées musicales dans de risqués chorus. A chaque concert, quand il s'aventure sur les terres du jazz modal ou quand il pratique une salsa plus classique, pour Palmieri, la scène devient un ring.
Il est devenu l'un des précurseurs de la salsa, il affirmera: "Sans la section complète de percussions afro-cubaines il n'y a pas de Latin jazz, mais seulement un jazz avec un accompagnement latin." Une position excessive qui ne tient pas compte de l'évolution de cette musique, car beaucoup de musiciens latino-américains ont remplacés certaines percussions afro-cubaines par des percussions témoignant de leurs propres traditions musicales.

Edouardo Palmieri, pianiste, producteur, composeur et arrangeur à commencé le piano à l'âge de 8 ans, son frère aîné Charlie Palmieri, tout comme lui pianiste dans un style diffèrent proche de Noro Morales et de Peruchín, de parents portoricains, Eddie Palmieri est né dans le sud du Bronx le 15 Décembre 1936 à New York. A l'âge de neuf ans, il se produit dans des spectacles amateurs et joue à l'âge de 14 ans avec un joueur de "Timbales" Orlando Marin incluant un vocaliste et percussioniste Joe Quijano. il échange ensuite ses percussions à regret contre le piano.
Eddie devient professionnel en étant membre du Johnny Seguí's orchestra et le groupe devient ensuite le Orlando Marin Conjunto.

En 1954, il constitue un nouveau Conjunto, il joue notamment avec Tito rodriguez, puis il collabore avec Herbie Mann. il remplace son frère Charlie comme pianiste dans le groupe de Tito Puente. Eddie Palmieri s'enflamme lui aussi pour les rythmes cubains. Montunero par excellence, c'est-à-dire champion des montunos ou, comme il se définit , "masacotero" du mot masacote, désignant des improvisations sur un ostinato rythmique, il soutient ses morceaux avec de vigoureux accompagnements et de solos incisifs, plus rythmiques que mélodiques, avec des tone clusters groupements de notes, placés à contretemps.

En 1961, il organise un groupe inspiré par les charangas mais qui constitue déjà, par sa fougue et son esprit, l'un des premiers conjuntos de la salsa, et auquel il imprime un cachet personnel, imprègné de la "saveur latine" de New York. Suivant l'exemple de Mon Rivera, il remplace les trompettes de son orchestre par deux trombones, au son plus musclé, et baptise son groupe "Conjunto La Perfecta " avec John Pacheco et Barry Rogers , En 1963 le tromboniste José Rodrigues rejoint la Perfecta

Eddie et son groupe réalise deux disques le label Alegre en 1964.
Rogers et Rodrigues (trombones), Castro (flûte), Oquendo (timbales/bongo), Tommy Lopez (conga), Dave Pérez (bass), Palmieri (piano), Quintana (vocals). Perez est un ex-membre de Charangua Johnny Pacheco et il travaillé avec Ray Barretto et Tipica 73. Eddie réalisa 5 albums avec La Perfecta, incluant deux albums avec le vibraphoniste de Latin Jazz Cal Tjader.

Il est surnommé Trombanga (trombone et charanga) par son frère Charlie, parce qu'il s'agit d'une charanga dans laquelle les trombones ont remplacés les violons.

Vers 1973, Eddie se tourne vers le jazz, surnommé "le Thélonius Monk latin, il exécute plusieurs morceaux avec de longs préludes un peu grandiloquents. Mais ses incursions jazzy déroutent les danseurs.

Discographie d’Eddie Palmieri
Listen Here!-
Concord Records (gagnant d’un Grammy 2006)
Ritmo Caliente- Concord Records
La Perfecta
Alegre
El Molestoso - Alegre
Lo Que Traigo Es Sabros - Alegre
Echando Pa'lante - Tico records
Azucar Pa' Ti - Tico records
Mambo Con Conga Is Mozambique - Tico records
Palmieri & Tjader : El Sonido Nuevo - Verve Molasses - Tico records
Palmieri & Tjader: Bamboleate - Tico records
Champagne - Tico records
Justicia - Tico records
Superimposition - Tico records
Vamonos Pa'l Monte - Tico records
Harlem River Drive - Roulette
Live At Sing Sing (Vol 1&2) - Tico record s
Sentido -Coco
Live At The University Of Puerto Rico - RMM records
The Sun Of Latin Music - Coco
Unfinished Masterpiece - Coco
Lucumi Macumba Voodoo+ - Epic
Eddie Palmieri+ - Barbaro
Solito - Musica Latina
La Verdad - Sonido
Sueno+ - Intuition
Llego La India Via Eddie Palmieri
Soho Sounds Palmas+ - Elektra/Nonesuch

Arete+ - Tropijazz
Vortex - Tropijazz
El Rumbero Del Piano - RMM record


Article tire du site www.cubalatina.com

Site officiel de Eddie Palmieri : http://www.eddiepalmierimusic.com

 

 

ENTREVUE AVEC EDDIE PALMIERI

Entrevue faite par Ralph Boncy, magazine Voir, Montréal .



De main de maître
Ralph Boncy
 

Eddie Palmieri était passé par chez nous il y a déjà huit ans. Le petit taureau du piano latin est toujours fougueux. Un authentique leader qui gagne encore des trophées et n'arrête pas de tourner.

Quand on parle de salsa ou de jazz latin, Eddie Palmieri est vraiment un incontournable. Avant son fameux album Sun of Latin Music, il y a 30 ans, il n'y avait même pas de Prix Grammy pour les artistes jazz ou pop d'obédience hispanophone.

"Imagine-toi qu'on a dû se battre pendant 17 ans avant que l'Académie du disque aux États-Unis n'accepte de créer une première catégorie pour représenter tous les musiciens latins du monde et les styles différents dans lesquels ils s'illustrent.

" Au téléphone depuis New York, le señor Palmieri est débonnaire et généreux, amical et respectueux. Rien de la terreur qu'on m'avait décrite à plusieurs reprises en parlant de ce chef d'orchestre redouté. Je l'avais vu au Blue Note à New York avec Ray Barretto et j'avais été passablement impressionné par son autorité. Il faut dire que le bonhomme a milité pour la cause. En tout, 14 nominations depuis 76 et un huitième trophée Grammy, plus tôt ce mois-ci, pour son superbe album Listen Here! où le maestro se paye la traite avec une collection de grosses pointures du jazz américain.

D'origine portoricaine mais natif du Bronx, Eddie Palmieri a vécu aux premières loges l'éclosion de la salsa et les bouleversements sociaux dans le Spanish Harlem des années 50 et 60. Embrigadé très jeune dans l'orchestre de son oncle, ce benjamin qui trônait derrière les timbales vouait d'abord une admiration fervente à son aîné de six ans, Charlie Palmieri, qui faisait déjà sa marque comme pianiste. Jusqu'au jour où sa mère lui dit: "Pourquoi tu ne joues pas du piano? Tu n'en as pas marre de te casser le dos à transporter tout cet attirail de percussions?
''

 

Eddie est un fougueux. Et il joue fort. En 1955, dans le Conjuto Orlando Marin, on lui montre la porte et on l'accuse d'être un casseur de piano. "L'autre pianiste avant moi avait été accusé de la même faute, rigole encore Eddy. C'était un instrument vraiment cheap avec des marteaux bien trop faiblards."

En tout cas, tonton Eddie n'est pas là pour caresser son clavier. Avec lui, faut que ça groove. Les accords étriqués, le degré de difficulté sont omniprésents aussi. Pour mettre de la chair autour de l'os. Et pour donner à la salsa ses lettres de noblesse sans jamais oublier que cette musique se danse. Ce qui ne l'empêche pas, sur son dernier opus, de saluer Bud Powell, Thelonious Monk et Horace Silver. Mais quand on lui en parle, il décline une liste impressionnante de claviéristes de jazz en spécifiant l'importance de chacun.

"Je suis assez fier d'avoir pu imposer ma signature pianistique. Il faut rester moderne et enrichir l'harmonie mais avec des figures qui soient toujours complémentaires des structures rythmiques."

Leçon du maître. Les trombones et la flûte dans la section des cuivres où dominaient jadis les trompettes tonitruantes, c'est lui aussi. Pourtant, Palmieri, c'est aussi une carrière en dents de scie marquée par une certaine malchance, une instabilité chronique dans ses rapports avec les compagnies de disques et un retour tardif et raté vers Porto Rico. Ses prises de position à l'époque des Black Panthers avec des disques mémorables comme La Jusiticia et La Verdad (la justice et la vérité) lui ont peut-être valu quelques ennemis. Proche de sa communauté dans les époques mouvementées, Palmieri a une force de caractère qui a marqué tous ses choix. Géré aujourd'hui par son fils, conseillé par sa fille, le maître n'est pourtant pas amer. Il dirige de main de maître un orchestre rutilant de 10 musiciens et l'enthousiasme ne faiblit en rien.

"J'ai la conviction que cette musique est là pour rester et qu'elle sera toujours présente. Il n'y a qu'à voir la quantité et la diversité de jeunes artistes latins qui s'engagent de plus en plus un peu partout. Salsa, timba, reggaeton, de multiples formes de danse nouvelles aussi. C'est d'une grande vitalité."

Plein de vitalité comme un boss, à 70 ans bientôt, il ne veut rien entendre du farniente. "La retraite, pour quoi faire? Je ne crois pas aux formules du genre "semi-retraite" pour les musiciens d'un certain âge qui se sentent fatigués. On vient de boucler 300 concerts avec le groupe. Ça va de l'Espagne à l'Australie. Dites-leur que je ne passerai plus jamais huit années sans venir à Montréal."

Et il éclate de rire... Ça promet!



Le 24 février
Au Métropolis
En première partie: Yoel Diaz y sus Team Timba

Article tiré du magazine Voir, jeudi 16 février / http:// www.voir.ca

 

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