LA PETITE HISTORE DE LA SALSA
ET SES ORIGINES -TOME 1

Reportage de Jean Otanis

La découverte de l'Amérique.

Eh oui ! Cette belle histoire de la salsa s'amorce avec la découverte du nouveau continent. Cherchant déséspérément la route des Indes ( l'Asie) pour trouver l'or, les épices et la soie, Christophe Colomb partit de l'Espagne avec ses trois caravelles, La Pinta, la Nina et la Santa Maria le 3 août 1492. Quelques semaines plus tard, le 12 octobre 1492, il accosta sur une merveilleuse contrée du nom de Guanahani (Bahamas), puis Cuba, le 27 octobre et Hispagnola (Haiti), le 5 décembre de la même année. Ce fut la découverte de l'Amérique. Qué maravillosa, (1) s'écria-t-il devant la splendeur de ces paysages, toujours convaincu qu'il était sur la voie des Indes !

La colonisation était amorçée. Les Amérindiens (indiens d'Amérique ou autochtones) tout éberlués de voir ces individus avec des bizarres accoutrements allant de la tête jusqu'aux pieds, durent croire qu'il s'agissait de quelques dieux venus d'ailleurs et les vénérèrent. Le troc, échange de biens et de produits, fut la première forme de commerce entre les navigateurs espagnols et les amérindiens qui s'échangèrent à qui mieux mieux vêtements, bijoux, pépites d'or et autres bimbreloqueries. Les espagnols conquirent les nouvelles terres découvertes.

Sur le territoire de l'actuel Cuba où vivaient de nombreuses peuplades dont les Arawaks et les Guanahacabibes, le sol et le sous-sol regorgeaient de richesses, entre autres, de l'or. Cette réalité tant espérée incita nos vaillants aventuriers à s'y établir, au nom de la reine d'Espagne, Isabelle la catholique. En 1510, une nouvelle expédition fut envoyée dans la nouvelle colonie. Après quelques années d'établissement, le pacte d'amour du début céda place à la colonisation totale. Des règles de fonctionnement dont la primauté du christianisme et le travail de la terre, entre autres, s'imposèrent. Vers 1500, la population amérindienne qui n'était vraisemblablement pas habituée à ces durs travaux, succomba progressivement. Les maladies occasionnées par les microbes et les bactéries apportés par les conquistadores espagnols de l'Europe vinrent à bout du reste de la population.

 

En 1502, commença alors la traite des noirs à partir des côtes de l'Afrique, notamment des régions identifiées aujourd'hui sous le nom du Bénin (ex Dahomey), du Nigéria et du Mozambique, pour remplacer la population amérindienne laquelle selon plusieurs historiens était en voie d'extinction vers 1512. Ces nouveaux esclaves noirs étaient acheminés à bord des vaisseaux dénommés négriers vers les nouvelles colonies dont l'île de Cuba. Bon nombre d'entre eux ne survécurent pas aux affres de la traversée. Cependant, les milliers qui y parvinrent se révélèrent plus robustes pour les travaux éxigés. Avec la présence de ces nouveaux venus, les colonies devinrent rapidement prospères, acheminant abondamment vers l'ancien continent, le café, l'indigo, la figue-banane, le coton, la canne à sucre et bien sûr un peu d'or.

Ces ressortissants déracinés de force de leur alma mater avaient amené avec eux dans les nouvelles colonies ( Cuba, Hispagnola aujourd'hui Haiti, entre autres) leurs traditions et leurs coutumes ancestrales. Les pratiques de prière et de rituel adressées aux génies tutélaires de leur race constituaient leurs principales préoccupations en dehors des heures de travail. Bref, tout l'arsenal d'invocation aux dieux africains, soient les chants, les instruments, la rythmique, était en place dans les huttes de paille pour épancher leur misère, leur tristesse et solliciter le concours des esprits protecteurs. Ces pratiques furent d'ailleurs fortement réprimées plus tard par les colons espagnols qui y virent là une forme de résistance à la conversion au christianisme.

Dès lors, un premier ingrédient majeur était en place pour comprendre les premiers babutiements du son, de la rumba, de la charanga et beaucoup plus tard, de la salsa telle qu'elle est connue aujourd'hui. En effet, ces douces mélancolies soutenues par des chants et des incatations rythmés, allaient s'allier plus tard au lyrisme espagnol appuyé par les cordes (la guitare) pour produire l'une des plus entraînantes musiques du 20ème siècle, en l'occurrence la salsa.

Jamais, ces esclaves établis sur la terre de Cuba ( et des autres îles) n'auraient pensé qu'ils seraient à l'origine de l'une des révolutions rythmiques qui allaient quasiment rapprocher plusieurs parties de la planète, n'en déplaise aux experts de la...mondialisation ! Notez que cette situation s'est produite aux États-Unis un peu plus tard, dans les champs de cotons avec les esclaves et a donné naissance au Négro spiritual, ancêtre du Jazz. Mais, c'est une autre histoire. (à suivre)

Revenez nous voir chaque semaine pour découvrir toute la saga et l'histoire de notre Salsa bien aimée!

Hasta la proxima.
Jean Sinateau


Si vous avez des commentaires ou suggestion concernant cette histoire, ou que vous aimeriez nous faire parvenir votre histoire personnelle, écrivez-nous à: SALSAFOLIE.

Jean est sans contredit un fier amoureux de Salsa et de musique latine. Avec une vaste connaissance sur l'histoire et les origines de la Salsa ainsi que les différentes formations musicales, Jean nous offre à travers ses écrits un point de vue tout à fait rafraîchissant! Un auteur à ne pas manquer.

all copyrights www.salsafolie.com - tous droits réservés